Cette partition ouverte qui, de près, se montre veloutée de poussière.
Promesse de musique qui respire le silence.
Jadis je craignais souvent d'écraser mon luth - une chute, un faux-pas - et songeais que le bruit d'un luth qui se brise doit être le son le plus triste du monde.
Mais non : le son le plus triste, c'est celui qui l'habite, à présent, chaque minute de chaque heure, cette nuit des voix à laquelle je le voue.
mercredi 2 mai 2012
mardi 13 mars 2012
31.
Je ne sais si c'est fatigue qui me mine comme vers à bois, et je m'effondre intérieurement sur le premier sentiment venu.
Ou si, au contraire, c'est ce sentiment qui m'aspire de l'intérieur, creusant la fatigue.
Mais vous, tous, vous me manquez avec violence.
Ou si, au contraire, c'est ce sentiment qui m'aspire de l'intérieur, creusant la fatigue.
Mais vous, tous, vous me manquez avec violence.
mercredi 29 février 2012
La souterraine
Un an qu'est mort ce petit chat tout rond.
Lui appartiennent toutes les fleurs du printemps précoce : crocus, primevère, myosotis, jonquille, jacynthe sauvage.
Un an ou presque que ses cendres blanchissent la surface de la terre de mon jardin, non loin de moi, à portée de la main.
C'est en fleurs et non en cendres que Persephone remonte des enfers hivernaux.
Il est temps de retourner la terre.
Lui appartiennent toutes les fleurs du printemps précoce : crocus, primevère, myosotis, jonquille, jacynthe sauvage.
Un an ou presque que ses cendres blanchissent la surface de la terre de mon jardin, non loin de moi, à portée de la main.
C'est en fleurs et non en cendres que Persephone remonte des enfers hivernaux.
Il est temps de retourner la terre.
mercredi 22 février 2012
Loin du luth
Plus d'un an mon luth au loin. Je l'avais confié à d'autres mains.
Mais à présent à nouveau il gît, muet, non loin de moi.
Je touche mon luth bien moins que je ne le devrais.
Et c'est cette idée de "devoir" qui plus que tout m'en tient éloignée.
Devoir, et non désir. Que me suis-je imposé ?
Pourtant, lorsque rarement je reviens vers le luth, le son en est si beau qu'il me retient chaque fois d'y renoncer. Comment pourrais-je me passer de le faire naître au fond de moi ?
Mais à présent à nouveau il gît, muet, non loin de moi.
Je touche mon luth bien moins que je ne le devrais.
Et c'est cette idée de "devoir" qui plus que tout m'en tient éloignée.
Devoir, et non désir. Que me suis-je imposé ?
Pourtant, lorsque rarement je reviens vers le luth, le son en est si beau qu'il me retient chaque fois d'y renoncer. Comment pourrais-je me passer de le faire naître au fond de moi ?
30.
Je pense à toi, souvent dès le réveil.
Et encore beaucoup au long du jour. Je parlerai avec toi en pensée. Je relirai en esprit nos dernières conversations. J'aurai honte, rétrospectivement, devant toi. Cela me fera rougir réellement. Me donnera des émotions.
Tes pensées me tiendront encore éveillée le soir. Elles m'auront intensément fait vivre tout le jour.
Et je pense tant à toi, en fait, que tu me retrouves toujours fatiguée d'avoir tant pensé.
Et encore beaucoup au long du jour. Je parlerai avec toi en pensée. Je relirai en esprit nos dernières conversations. J'aurai honte, rétrospectivement, devant toi. Cela me fera rougir réellement. Me donnera des émotions.
Tes pensées me tiendront encore éveillée le soir. Elles m'auront intensément fait vivre tout le jour.
Et je pense tant à toi, en fait, que tu me retrouves toujours fatiguée d'avoir tant pensé.
lundi 13 février 2012
Vert pilé
Tu. Vous. Tu prends un peu trop de place dans mon esprit.
J'aime cette brûlure. Dans mon esprit, tu es rugueux.
Tu en irrites les parois de l'intérieur.
Tu n'es pas du genre à te faire tout petit, ni à éviter de raser les murs de mon esprit.
Tous les murs à la fois.
Tu prends de la place.
J'aime cette irritation.
J'aime cette brûlure. Dans mon esprit, tu es rugueux.
Tu en irrites les parois de l'intérieur.
Tu n'es pas du genre à te faire tout petit, ni à éviter de raser les murs de mon esprit.
Tous les murs à la fois.
Tu prends de la place.
J'aime cette irritation.
mercredi 9 novembre 2011
Version
Mon rêve s'achevait sur cette phrase si élégante qu'elle m'a tirée du sommeil pour la noter aussitôt.
Mais à mesure que je sortais des brumes, je réalisais que la phrase ne devait son élégance qu'à un manque de mots qui la rendait incompréhensible - écrite dans un style télégraphique, formée d'idées et non de mots liés.
Ainsi peu à peu pour exprimer ce qu'elle voulait dire je devais lui ajouter des mots qui en corrompent la sobriété - comme lors d'une traduction la nécessité parfois d'étendre les tournures fait perdre la belle économie de moyens de la langue d'origine :
"Je vis avec surprise que le lieu où j'avais passé mon enfance avait été échangé pour un autre, bien plus vaste."
Mais à mesure que je sortais des brumes, je réalisais que la phrase ne devait son élégance qu'à un manque de mots qui la rendait incompréhensible - écrite dans un style télégraphique, formée d'idées et non de mots liés.
Ainsi peu à peu pour exprimer ce qu'elle voulait dire je devais lui ajouter des mots qui en corrompent la sobriété - comme lors d'une traduction la nécessité parfois d'étendre les tournures fait perdre la belle économie de moyens de la langue d'origine :
"Je vis avec surprise que le lieu où j'avais passé mon enfance avait été échangé pour un autre, bien plus vaste."
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